Mon ange,
Ma tendresse en cocon,
Ma bulle d’avenir,
Ma tremblotante image,
Mon déjà plus beau souvenir,
Mon presque mirage,
Ma graine d’amour infini,
Mon tout tout petit.
Tu n’as que quelques semaines et déjà j’ai décidé du cadeau que je t’offrirai pour la vie,
A toi, mon inestimable présent.
Certes, je voudrais tout te donner,
Mais tout, cela ne serait pas encore assez,
Ou trop peut-être.
Peu d’enseignements nous savons dégager de la vie,
Mais il en est un que j’ai saisi :
Un amour vrai est celui qui décharge,
Qui allège,
Qui sait faire briller sans lustrer,
Réconforter sans étouffer,
Serrer sans étrangler.
De toi, je n’attends rien, je ne demande rien.
Ta seule existence me sera suffisante.
Jamais tu ne me décevras.
Je respecterai tes secrets, tes silences, tes absences.
Je ne jugerai pas tes choix.
Je ne chercherai pas à faire pression sur toi :
De mes mots, de mes désirs, de mes larmes…
Jamais mon amour ne sera une arme.
Je te fais le cadeau de mon égoïsme :
Je ne délaisserai pas mes ambitions pour toi,
Je n’oublierai pas mes plaisirs,
Je ne me mettrai pas entre parenthèses,
Je resterai femme avant d’être mère.
En conséquence de quoi :
Je ne serai pas amère.
Je ne te reprocherai pas d’avoir été le frein de mes aspirations.
Je ne reporterai sur toi aucune de mes frustrations.
Tu ne te sentiras pas coupable d’être heureux,
Lâche d’aimer ailleurs et mieux,
Irresponsable de m’abandonner,
Ingrat de me quitter.
Car aussi fort que soit mon amour pour toi,
Je ne bâtirai pas ma vie autour de lui.
Un jour, j’espère, tu mesureras,
Ce don que l’on ne m’a pas fait à moi.
Mon ange,
Je te fabrique des ailes,
Et t’offre la liberté,
Inconditionnelle.
Irulaane ou la face artistique de Lauriane Renaud...
Toujours un peu perchée...
Le site officiel de La Compagnie d'Irulaane
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mardi 29 juillet 2008
vendredi 4 janvier 2008
REQUIEM PATERN'ELLE
L vient de perdre quelqu'un... La vie est décidemment un conte cruel.
L n’a que rarement été touchée. Je veux dire directement et spontanément transpercée d’émotions au plus profond d’elle même. La plupart du temps, L se dédouble. L se voit de l’extérieur et commande à son visage, à sa voix, à ses gestes tout ce qu’elle croit devoir coller aux circonstances. Souvent, cela correspond assez bien à ce que les autres attendent et quelquefois non. Mais c’est rare.
Sauf cette fois. Cette fois, ça a été trop dure, trop rapide, trop inattendu.
Cette fois, L aurait vraiment aimé avoir eu le temps de réfléchir, de s'envoler.
Pas cette fois.
L est restée clouée au sol.
Sans ailes.
C’est maintenant qu’L revoit, qu’elle repense.
Ils ont poussé la porte tous les deux en se tenant la main. Ils avaient couru un peu depuis le portail. Lui, parce qu’il avait compris, déjà, ce que cette enfilade de voiture signifiait. L parce qu’elle le suivait. Parce qu’elle avait envie qu’il soit vite rassuré, qu’ils puissent rentrer rapidement dans leur vie confortable.
Ils ont poussé la porte tous les deux en se tenant la main.
Elle a vu des hommes, des femmes.
Il a vu des oncles, des tantes.
Puis ils ont vu sa mère qui s’est détachée du groupe et qui a juste fait non de la tête en disant quelque chose. L n’a pas compris quoi. Ou plutôt si, elle a compris, instinctivement, immédiatement. Lui aussi. Lui avant L. Il a hurlé. Il a crié des mots. Elle ne sait plus lesquels.
Pour la première fois de sa vie, L n’a pas analysé, pas réfléchi. Aucun dédoublement ne s’est produit. L a été dans l’instant pur.
Emotion fulgurante. Comme l’embolie qui vient d’emporter son père à lui.
L pleure. L se déchire. L voit cette femme en larmes et elle comprend à l’instant à quel point elle aime ces gens qui l’ont accueillie comme leur fille. A quel point cette famille est la sienne. L dit des bêtises, je crois. L dit qu’elle les aime. Mais c’est trop tard. Déjà, le pluriel s'est fait la belle.
Elle entend ses sanglots à lui, les sanglots inextinguibles d’un petit garçon qui pleure son père. Et son cœur est labouré de douleur. Sans recul, sans précautions, sans retenue.
Elle perçoit le silence autour d’eux.
Ils se serrent tous les trois au milieu de la pièce en pleurant. La mère, son fils et L. Cette inconnue à qu’ils ont ouvert les bras et qu’ils ont aimée comme l’une des leurs, qu’ils englobent maintenant dans leur chagrin avec la même générosité.
Le lendemain, quand elle verra la dépouille du père, c’est ça qu’L aura envie de lui dire. L est la seule présente qui n’est pas à proprement parler de la famille, alors, elle n’ose pas le faire. L’analyse a repris ses droits et la retenue est revenue. Elle croit qu’il serait mal venue d’exhiber son chagrin.
Pourtant, c’est ça qu’L aimerait lui dire : merci. Merci pour avoir vu plus en moi que l’aventurière, la femme adultère, pour ne vous être jamais arrêté aux apparences. Merci pour m’avoir aimée comme j’étais, pour n’avoir regardé chez moi que la personne et jamais la situation, la religion, la réputation. Merci d’avoir su transmettre à votre fils cette droiture et cette bonté qui furent vos valeurs. Vous êtes de cette race d’hommes rares qui méritent de s’appeler père.
Alors, elle le regarde, lui, ce grand jeune homme blond qui partage sa vie. Elle pense tout à coup qu’un jour, dans 20,30 ou 40 ans peut-être ce sera L qui sera à la place de la mère.
Et cette certitude là est insoutenable.
L n’a que rarement été touchée. Je veux dire directement et spontanément transpercée d’émotions au plus profond d’elle même. La plupart du temps, L se dédouble. L se voit de l’extérieur et commande à son visage, à sa voix, à ses gestes tout ce qu’elle croit devoir coller aux circonstances. Souvent, cela correspond assez bien à ce que les autres attendent et quelquefois non. Mais c’est rare.
Sauf cette fois. Cette fois, ça a été trop dure, trop rapide, trop inattendu.
Cette fois, L aurait vraiment aimé avoir eu le temps de réfléchir, de s'envoler.
Pas cette fois.
L est restée clouée au sol.
Sans ailes.
C’est maintenant qu’L revoit, qu’elle repense.
Ils ont poussé la porte tous les deux en se tenant la main. Ils avaient couru un peu depuis le portail. Lui, parce qu’il avait compris, déjà, ce que cette enfilade de voiture signifiait. L parce qu’elle le suivait. Parce qu’elle avait envie qu’il soit vite rassuré, qu’ils puissent rentrer rapidement dans leur vie confortable.
Ils ont poussé la porte tous les deux en se tenant la main.
Elle a vu des hommes, des femmes.
Il a vu des oncles, des tantes.
Puis ils ont vu sa mère qui s’est détachée du groupe et qui a juste fait non de la tête en disant quelque chose. L n’a pas compris quoi. Ou plutôt si, elle a compris, instinctivement, immédiatement. Lui aussi. Lui avant L. Il a hurlé. Il a crié des mots. Elle ne sait plus lesquels.
Pour la première fois de sa vie, L n’a pas analysé, pas réfléchi. Aucun dédoublement ne s’est produit. L a été dans l’instant pur.
Emotion fulgurante. Comme l’embolie qui vient d’emporter son père à lui.
L pleure. L se déchire. L voit cette femme en larmes et elle comprend à l’instant à quel point elle aime ces gens qui l’ont accueillie comme leur fille. A quel point cette famille est la sienne. L dit des bêtises, je crois. L dit qu’elle les aime. Mais c’est trop tard. Déjà, le pluriel s'est fait la belle.
Elle entend ses sanglots à lui, les sanglots inextinguibles d’un petit garçon qui pleure son père. Et son cœur est labouré de douleur. Sans recul, sans précautions, sans retenue.
Elle perçoit le silence autour d’eux.
Ils se serrent tous les trois au milieu de la pièce en pleurant. La mère, son fils et L. Cette inconnue à qu’ils ont ouvert les bras et qu’ils ont aimée comme l’une des leurs, qu’ils englobent maintenant dans leur chagrin avec la même générosité.
Le lendemain, quand elle verra la dépouille du père, c’est ça qu’L aura envie de lui dire. L est la seule présente qui n’est pas à proprement parler de la famille, alors, elle n’ose pas le faire. L’analyse a repris ses droits et la retenue est revenue. Elle croit qu’il serait mal venue d’exhiber son chagrin.
Pourtant, c’est ça qu’L aimerait lui dire : merci. Merci pour avoir vu plus en moi que l’aventurière, la femme adultère, pour ne vous être jamais arrêté aux apparences. Merci pour m’avoir aimée comme j’étais, pour n’avoir regardé chez moi que la personne et jamais la situation, la religion, la réputation. Merci d’avoir su transmettre à votre fils cette droiture et cette bonté qui furent vos valeurs. Vous êtes de cette race d’hommes rares qui méritent de s’appeler père.
Alors, elle le regarde, lui, ce grand jeune homme blond qui partage sa vie. Elle pense tout à coup qu’un jour, dans 20,30 ou 40 ans peut-être ce sera L qui sera à la place de la mère.
Et cette certitude là est insoutenable.
vendredi 12 octobre 2007
DISPARITION
Il paraît qu'il y a des gens qui disparaissent tous les jours.
Il y a ceux qui s'en vont un beau matin parce qu'ils ne savent plus comment composer avec la vie, avec leur vie, alors, ils partent et ne laissent pas d'adresse.
Il y a ceux qui se font enlever, tout simplement. Parfois, le ravisseur a l'air très gentil : c'est leur mari ! Mais on ne les revoit plus, ou presque plus.
Il y aussi ceux qui meurent, tout simplement. Ils ont bien une adresse mais elle est fixe et définitive et... ils n'y sont pas vraiment.
On se demande toujours, quand on est bien vivant, bien présent, ce qui se passerait si ça nous arrivait. Est-ce qu'il y aurait (aura) beaucoup de monde à notre enterrement ? Est- ce que les gens y verseraient (y verseront) de vraies larmes qui veulent dire quelque chose ? Si l'on diparaissait, est-ce que quelqu'un nous rechercherait ? Combien de temps il s'acharnerait ? Est-ce qu'on manquerait beaucoup ou seulement de temps en temps ? Existe-t-il une personne au moins pour qui le vide serait insoutenable, impossible à combler ?
Il y aussi ceux qui restent mais ont diparu sans qu'on s'en rende compte.
Il y a aussi tous ceux qui se perdent en chemin et qui finissent par ne même plus se manquer.
Moi, je suis comme ça je crois.
Cela fait bien longtemps que j'ai disparu.
J'ai disparu mais comme mon image était toujours la même, personne ne s'en est aperçu.
J'ai disparu en restant là. Je crois que c'est le pire qui puisse arriver : alors je suis partie pour me retrouver. Et maintenant, tout le monde croit que j'ai disparu.
Il paraît qu'il ya des gens qui disparaissent tous les jours.
Il y a ceux qui s'en vont un beau matin parce qu'ils ne savent plus comment composer avec la vie, avec leur vie, alors, ils partent et ne laissent pas d'adresse.
Il y a ceux qui se font enlever, tout simplement. Parfois, le ravisseur a l'air très gentil : c'est leur mari ! Mais on ne les revoit plus, ou presque plus.
Il y aussi ceux qui meurent, tout simplement. Ils ont bien une adresse mais elle est fixe et définitive et... ils n'y sont pas vraiment.
On se demande toujours, quand on est bien vivant, bien présent, ce qui se passerait si ça nous arrivait. Est-ce qu'il y aurait (aura) beaucoup de monde à notre enterrement ? Est- ce que les gens y verseraient (y verseront) de vraies larmes qui veulent dire quelque chose ? Si l'on diparaissait, est-ce que quelqu'un nous rechercherait ? Combien de temps il s'acharnerait ? Est-ce qu'on manquerait beaucoup ou seulement de temps en temps ? Existe-t-il une personne au moins pour qui le vide serait insoutenable, impossible à combler ?
Il y aussi ceux qui restent mais ont diparu sans qu'on s'en rende compte.
Il y a aussi tous ceux qui se perdent en chemin et qui finissent par ne même plus se manquer.
Moi, je suis comme ça je crois.
Cela fait bien longtemps que j'ai disparu.
J'ai disparu mais comme mon image était toujours la même, personne ne s'en est aperçu.
J'ai disparu en restant là. Je crois que c'est le pire qui puisse arriver : alors je suis partie pour me retrouver. Et maintenant, tout le monde croit que j'ai disparu.
Il paraît qu'il ya des gens qui disparaissent tous les jours.
vendredi 5 octobre 2007
La voleuse...
Il y a une chose que tu n'as jamais comprise.
Il n'y en a pas qu'une d'ailleurs...
C'est pourquoi j'écris...
au lieu de parler...
au lieu de hurler...
au lieu de mourir.
Bien sagement.
Bien proprement.
Je suis une voleuse.
Une voleuse pas ordinaire.
Une voleuse pas mercenaire.
Une voleuse de temps.
Une voleuse d'instants.
Je suis partie sans rien emporter, ou si peu, et pourtant, je suis plus riche de nous que tu ne le seras jamais.
Je suis parvenue à subtiliser, cacher, graver, tant de morceaux de notre intimité.
Au détour d'un roman, dans la description d'un personnage qui te ressemble, au fil des pages de mes journaux, au creux de nos lettres, au beau milieu d'un paysage littéraire... partout des éclats de toi. Au point que si je marchais dans mes livres, mes pieds seraient entaillés et déchiquetés par tes débris.
J'écris. Et, aucun objet, aucune photo, aucun parfum ne saurait mieux retenir la quintessence de ce que nous fûmes.
Le souvenir s'estompera, les sentiments s'émousseront, mais il suffira que j'ouvre une de ces pages pour qu'aussitôt, j'y revienne. J'ai écrit ces instants. Ils sont à moi. Ils sont mes mots.
Je suis une voleuse.
J'écris pour dérober des instants.
La banque que je m'obstine à attaquer est celle du temps.
Je suis riche de mes rapines temporelles.
Je suis riche de ce qui reste de nous.
Nous n'avons pas eu d'enfant. Certains diront qu'il ne subsistera donc aucun preuve de "nous" dans l'espace temps, aucun pont matériel que nous aurions su créer pour perpétuer notre "nous".
C'est faux. "Nous" a existé et j'en ai la preuve : je l'ai volée.
Il n'y en a pas qu'une d'ailleurs...
C'est pourquoi j'écris...
au lieu de parler...
au lieu de hurler...
au lieu de mourir.
Bien sagement.
Bien proprement.
Je suis une voleuse.
Une voleuse pas ordinaire.
Une voleuse pas mercenaire.
Une voleuse de temps.
Une voleuse d'instants.
Je suis partie sans rien emporter, ou si peu, et pourtant, je suis plus riche de nous que tu ne le seras jamais.
Je suis parvenue à subtiliser, cacher, graver, tant de morceaux de notre intimité.
Au détour d'un roman, dans la description d'un personnage qui te ressemble, au fil des pages de mes journaux, au creux de nos lettres, au beau milieu d'un paysage littéraire... partout des éclats de toi. Au point que si je marchais dans mes livres, mes pieds seraient entaillés et déchiquetés par tes débris.
J'écris. Et, aucun objet, aucune photo, aucun parfum ne saurait mieux retenir la quintessence de ce que nous fûmes.
Le souvenir s'estompera, les sentiments s'émousseront, mais il suffira que j'ouvre une de ces pages pour qu'aussitôt, j'y revienne. J'ai écrit ces instants. Ils sont à moi. Ils sont mes mots.
Je suis une voleuse.
J'écris pour dérober des instants.
La banque que je m'obstine à attaquer est celle du temps.
Je suis riche de mes rapines temporelles.
Je suis riche de ce qui reste de nous.
Nous n'avons pas eu d'enfant. Certains diront qu'il ne subsistera donc aucun preuve de "nous" dans l'espace temps, aucun pont matériel que nous aurions su créer pour perpétuer notre "nous".
C'est faux. "Nous" a existé et j'en ai la preuve : je l'ai volée.
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